AUDARD Alexandre - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

AUDARD Alexandre


Doctorant contractuel (2018-2021)
Histoire de l’Afrique et de l’océan Indien occidental
Université de Paris - Contactez-le

Axe thématique n°1 : « S’approprier, contester, lutter : spatialité, domination, violence » (sous-axe « Traverser et contrôler les mers et les océans »)
Axe thématique n°2 : « Villes du Sud : pouvoir, pratiques citadines et devenir métropolitain »

Groupe AOI (Afrique Océan Indien)

  • Représentant des doctorants du CESSMA (avec Gaafar Elsouri)
  • Représentant suppléant des doctorants au Conseil de l’École doctorale Sciences des Sociétés (ED 624)

Sujet et résumé de thèse

Diego-Suarez : de l’enclave militaire coloniale à la ville portuaire indianocéanique. Histoire sociale d’une expérience urbaine ouverte sur le monde (Madagascar, 1885-1973)

Directeur de thèse : Didier Nativel (CESSMA - Université de Paris)

Cette thèse d’histoire sociale a pour objectif d’analyser la ville portuaire malgache de Diego-Suarez (actuelle Antsiranana), société mosaïque de l’océan Indien et enclave coloniale militaire de 1885 à 1975, comme lieu de production d’une identité urbaine singulière affirmant des droits et des modes de vie cosmopolites. À la fois symbole du maintien de l’ordre impérial français sur la région et vecteur de désordres par son ouverture maritime au monde et son attractivité migratoire, cet espace urbain marqué par une forte présence militaire et une population aux deux tiers étrangère n’aura cessé de se construire autour d’une ambivalence : celle d’un pôle stratégique de premier plan où se développèrent les mouvements anticolonialistes et syndicalistes malgaches. Les expériences collectives façonnées par la ville, issues d’un cosmopolitisme par le bas, de diverses violences coloniales et d’ « usages du monde » ordinaires, ont fait de « Diego » l’un des principaux espaces indianocéaniques de création de nouvelles ambiances et imaginaires citadins appropriés et réinvestis par ses différents acteurs. Pour la plupart professionnels de la mobilité (marins « porteurs de valise », légionnaires, tirailleurs, prostituées, domestiques, commerçants, ouvriers, etc.), ils sont ici étudiés sous l’angle de l’ « aventure » et à travers leurs regards. Grâce à une lecture genrée des relations et interactions sociales entre des femmes et des masculinités croisées (militaires et marins de l’empire ; migrants malgaches, comoriens, somali, yéménites, etc.) cette recherche souhaite également éclairer le rôle clé de celles-ci dans un espace urbain dépendant de garnisons et de zones portuaires presque exclusivement constituées d’hommes, pour sortir d’un cadre uniquement normatif et légal en déterminant notamment au mieux les frontières de l’intime. En variant outils de la microstoria, récits de vie, études de réseaux, archives et approches prosopographiques, il s’agit donc enfin d’étudier la ville, espace de ségrégation et de redéploiement vers le monde, comme lieu de fabrication d’ancrages, d’échelles d’horizon et d’une mondialité (E. Glissant) encore méconnue bien que fondamentale.

Publications

Ouvrage

Libertalia : une république des pirates à Madagascar. Interprétations d’un mythe (XVIIe-XXIe siècle), Paris, Maisonneuve & Larose-Hémisphères, 2020, 270 p. et xiv planches - à paraître en décembre

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En 1728, le capitaine Charles Johnson publie à Londres un récit atypique. Des équipages pirates, menés par Misson, Caraccioli et Tew, auraient fondé à Madagascar une république du nom de Libertalia. Abolitionniste, égalitaire et pacifique, son modèle prend le contrepied des monarchies dominantes et s’oppose à l’économie de plantation. Surtout, elle aurait, quelques années durant, posé les jalons d’une société multiculturelle inédite. Depuis la fin du XIXe siècle, nombreux sont ceux à s’être revendiqués de cette expérience aux contours utopiques. Elle connaît d’ailleurs aujourd’hui, notamment en France et sur la Grande Île, un étonnant succès. Pourtant, si l’existence d’une relation entre mondes pirates européens et sociétés littorales malgaches, dans les années 1680 à 1730, est avérée et documentée, aucune trace ne subsiste de cet événement. De plus, les études littéraires anglo-saxonnes attribuent le texte au romancier Daniel Defoe, célèbre auteur de Robinson Crusoé (1719) et faussaire notable. De quoi Libertalia est-elle alors le nom ? À partir d’archives, de récits de voyage et d’observations de terrain, cet ouvrage reconstitue, pour la première fois, une généalogie critique du mythe. Des empires coloniaux aux mouvements libertaires, cette fiction littéraire n’a cessé d’être réinterprétée et d’entretenir un tropisme occidental sur l’océan Indien. Son étude révèle, dans la longue durée, que la République des forbans demeure l’expression de représentations fantasmées et problématiques de Madagascar.

Préface de Didier Nativel, postface de Jean-Pierre Moreau.

Publié avec le concours du laboratoire CESSMA et de la Fédération Sciences Sociales Suds (F3S).

Compte rendu de lecture

« Nicholas Thomas, Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des empires, Toulouse, Anacharsis, 2020, 512 p., traduit de l’anglais par Paulin Dardel », Encyclo, n°11, Paris, Université de Paris, 2020, p. 161-164.

Communications

2020, séminaire, « Diego-Suarez : de l’enclave militaire coloniale à la ville portuaire indianocéanique (Madagascar, 1885-1973) », séminaire de Master et de recherche Sociétés de l’océan Indien (coord. Didier Nativel), Université de Paris, Paris, France.

2019, conférence internationale, « L’océan Indien dans une baie : recompositions politiques et horizons sécuritaires de la base navale stratégique de Diego-Suarez (Madagascar, 1973-2020) », 2e Conférence internationale de l’O.S.O.I. (Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien) L’océan Indien au XXIe siècle : transitions et mutations, Université de La Réunion, Saint-Denis, France.

2019, colloque international, « La carte malgache de Gauguin : nuancier impérial d’un long désir de conquête (baie de Diego-Suarez, 1887-1890) », colloque international Faire connaître les mondes en découverte, Bibliothèque Nationale et Universitaire, Strasbourg, France.

2019, congrès, « Des marges de l’Empire au cœur du monde. Désordres coloniaux et expériences cosmopolites à Diego-Suarez (Madagascar, 1885-1973) », 45e Congrès annuel de la Société française d’histoire coloniale Ordre et désordre dans l’Empire colonial français, Université de Sherbrooke, Longueuil/Montréal, Canada.

2018, colloque, « Un océan de paroles. Confiance et légitimité du jeune chercheur vazaha en situation postcoloniale (Diego-Suarez/Sainte-Marie, Madagascar) », Colloque des doctorant.e.s de la Fédération Sciences Sociales Suds [CODOFE 2018] De la voix des enquêtés à la voix du chercheur. Les processus de construction de légitimité du jeune chercheur, Université Paris VII - Denis Diderot, Paris, France.

2018, colloque international, « Le mythe de Libertalia : trajectoires transatlantiques et recompositions locales d’une identité pirate à Madagascar (XVIIe-XXIe siècles) », colloque international Afriques transatlantiques. Circulations culturelles, frontières et dispersion. XVIIIe-XXIe siècles, Université Paris VII - Denis Diderot, Paris, France.

2018, journée d’étude, « De pirateries en robinsonnades. Expériences touristiques de l’authenticité et usages commerciaux du passé colonial sur l’île Sainte-Marie de Madagascar (années 1920 à nos jours) », journée d’étude Images et imaginaire du tourisme : à la recherche d’une « authenticité » dans les espaces coloniaux et métropolitains (XIXe-XXe siècles), Université Toulouse Jean Jaurès, Toulouse, France.

2018, journée d’étude, « Les songes pirates d’un administrateur colonial français au XXe siècle ou l’Afrique imaginée d’Hubert Deschamps », journée d’étude Regard de l’autre, regard sur l’autre. Image de soi et construction de l’altérité dans les mondes extra-européens (XVIIIe-XXIe siècles), Université Paris VII - Denis Diderot, Paris, France.

Diffusion et valorisation de la recherche

Entretien, Diego-Suarez : une base navale coloniale à l’épreuve du cosmopolitisme (Madagascar, 1885-1973), entretien avec Vincent Hiribarren (King’s College London) pour le blog Africa4 hébergé par le journal Libération, 2 octobre 2019.

Enseignements

2020-2021
Introduction à l’histoire de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Asie, Licence 1, Université de Paris (TD, 48 heures)

2019-2020
Histoire de la globalisation : cas et débats historiographiques, Licence 2, Université de Paris (TD, 48 heures)
Introduction à l’histoire de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Asie, Licence 1, Université de Paris (TD, 24 heures)

2018-2019
Histoire de la globalisation (XVIe-XXe siècles), Licence 1, Université Paris VII - Denis Diderot (TD, 48 heures)
Introduction à l’histoire de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Asie, Licence 1, Université Paris VII - Denis Diderot (TD, 24 heures)

Animation de la recherche

Revue, membre de la direction de rédaction de la revue Encyclo (Université de Paris).

2020, journée d’étude, co-organisation de la 3e journée d’étude des doctorants du CESSMA Être jeune chercheur en Sciences Sociales dans les Suds, CESSMA - Université de Paris, Paris, France (avec Véronique Acking, Tania Herrera Romero et Raphaël Gallien).

2019, journée d’étude, co-organisation avec Raphaël Gallien de la journée d’étude Expérience(s) du monde, expérience(s) de soi. Identités, résistances, horizons (Afrique, Asie, Amérique, XIXe-XXIe siècles), CESSMA - Université de Paris, Paris, France.

2018, journée d’étude, co-organisation avec Raphaël Gallien de la journée d’étude Regard de l’autre, regard sur l’autre. Image de soi et construction de l’altérité dans les mondes extra-européens (XVIIIe-XXIe siècles), CESSMA - Université Paris VII - Denis Diderot, Paris, France.