Séminaire INALCO / ANR LIMINAL<br>Terrains socio-anthropologiques de la migration : langues, distances, miroirs - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

Séminaire INALCO / ANR LIMINAL
Terrains socio-anthropologiques de la migration : langues, distances, miroirs


mercredi 17 avril 2019
Inalco 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris.
17-20h, salle 424-Entrée libre

séminaire doctoral INALCO / ANR LIMINAL

Avec Yahya AL-ABDULLAH (Ehess), Özge BINER (Ehess-IRIS) et Rohullah SIDIQULLAH (Inalco, Sciences Po / Liminal)

Discutante : Azita BATHAIE, anthropologue (Liminal)

Coordination : Nisrine Al Zahre (Ehess, Liminal)

Résumés :

Entering the Field Without Questions Yahya Al-Abdullah

The question of positionality is central to the ethnographic research. One popular approach is finding the balance between observation and participation or between distance and proximity (Bensa 1995) and (Naepels, 1998). However, this could be limiting based on the nature of the fieldwork (Kusenbach, 2003). What we are witnessing nowadays is a growth of the militant or double commitment ethnographic research (Le Courant, 2013). This kind of work requires flexibility and adaptability rather than following the roles and standards of the classical methodology. In this intervention, I will shed the light on my filed work experience with a displaced Syrian ethnic minority known as the Syrian Doms, a precarious group that lived in the margins while in Syria and are re-positioned on the margins or within the spectrum of « undeserving migrants » in Istanbul and in Paris. I will attempt to make a comparison between what I call the « failing attempt » to conduct fieldwork in Istanbul and the challenges in wearing different casquettes while conducting the ethnographic work, such as the researcher, the volunteer, the activists and above all the exiled Syrian. Finally, I will visit the question of ethics in and morals in a researching a vulnerable migrant group (Armbruster Laerke, 2008, Becker, 1967) and the emotional burden that accompanies that.

L’éthique, l’engagement et la recherche en terrain sensible Özge Biner

Cette présentation vise à mettre en évidence les complexités de mener une recherche avec des réfugiés, qui attendent soit de retourner dans leur pays d’origine, soit d’être installés dans un pays tiers. Mon expérience est basée sur un travail ethnographique de terrain mené avec des réfugiés vivant sous un statut légal temporaire dans différentes zones frontalières en Turquie. Effectuer la recherche dans un contexte où l’insécurité juridique, la peur et la suspicion sont les principaux éléments qui déterminent la façon dont les individus construisent leurs relations sociales est un processus difficile, avec des préoccupations de sécurité et confidentialité. Dans un tel contexte, le recueil des témoignages n’est pas simplement le résultat d’une déclaration d’intérêt de la part du chercheur lui-même. C’est plutôt une longue négociation. Au cours de ce processus, le chercheur doit être très prudent dans la manière dont il se positionne. Il/elle doit savoir quand il/elle doit insister, quand il/elle doit aller de l’avant et quand il/elle doit prendre du recul. Son regard, sa relation et son engagement avec les interlocuteurs ne sont pas linéaires, mais dépendent constamment des conditions hexogènes. Cette présentation vise à aborder les questions méthodologiques et éthiques liées à ce processus de "négociation". Elle propose de mettre en évidence les problèmes auxquels sont confrontées les recherches sur les mécanismes d’adaptation des réfugiés dans un contexte temporaire permanent, au niveau à la fois local et transnational.

Research on Afghan Refugees in France : Challenges and OpportunitiesRohullah Sidiqullah

Many research projects are now focusing on the situation of Afghan refugees in Exile for various reasons. Research amongst the Diaspora poses specific ethical challenges. I will talk about the challenges and difficulties I have faced as a researcher while conducting my field work among a diverse and complex group of refugees. I will talk about my experience having certain advantages and disadvantages while conducting this research. Language plays an important role in doing research in such a demanding field. It is equally important to have enough cultural and background knowledge about your subject of study. When dealing with immigrants coming from ethnic conflicts, especially intra-state ones, it is important to take into account the impact of the conflict’s motivation, and to remember that when national identity is at stake, and when positive peace is hard to achieve, memory takes precedence over the present and is usually used to fuel a belligerent environment (Laurenn, Guyot, 2011 : 139). How a researcher positons himself in this kind of context, what strategies and methodologies are required or used. These are very crucial elements in this type of work. How we approach an Afghan refugee, how we develop our relationship that leads to a good dialogues and interviews ?

Présentation des intervenants :

Yahya Al-Abdullah is currently a doctoral student in social anthropology at the Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) in Paris. He contributes actively to conversations around Syrian migration in Lebanon, on the route to Europe in Turkey, and in France. Yahya’s work centers on practices and policies of migrant integration. Prior to his PhD, Yahya obtained a master’s degree in public policy and public administration from the Central European University in Budapest where he also worked in an educational program to integrate refugees and asylum seekers in higher education in Europe. Yahya also has a master’s degree in TESOL from the University of Aleppo and has worked as a teacher of English and Arabic as foreign languages in five different countries.

Azita Bathaie a soutenu sa thèse d’anthropologie à l’Université Paris Nanterre en 2012 (LESC). Son enquête multi-terrains en Iran, en Grèce et à Paris, a permis, de montrer l’importance des mobilités dans la construction de la personne et dans les transformations des relations de parenté et de genre. Lauréate de la Bourse Fernand Braudel (2014) et accueillie au Zentrum Moderner Orient (Berlin), elle a développé une étude sur le rôle des émigrés afghans de « retour » à Kaboul dans la (re)construction de l’Afghanistan. Postdoctorante (2015-2017) à l’Université Aix-Marseille, (IDEMEC, LabexMed) elle a développé, à partir de l’exemple de l’île de Lesbos (Grèce), une analyse de la fabrique de la frontière avec les différents acteurs. Ses recherches postdoctorales depuis 2015 se sont ainsi élargies à tous les acteurs des migrations en Europe : migrants, demandeurs d’asile, réfugiés, passeurs, société civile, praticiens des associations et des ONG en France et en Grèce, douaniers nationaux et européens (Frontex), acteurs politiques au niveau local, national et européen.

Özge Biner est titulaire d’un doctorat en Sciences Sociales de l’Université de Strasbourg (2012) portant sur les stratégies de légalisation des réfugies en transit en Turquie, et est actuellement post-doctorante à l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporaine, à l’EHESS. Travaillant depuis dix ans sur la question des réfugiés aux différentes frontières (Allemagne-France, Iran-Turquie ; Syrie-Turquie, Turquie-Grèce), ses travaux de recherches portent sur le processus de construction de l’expérience de réfugié en mettant en perspective la relation entre légalité, temporalité et transnationalisme dans les villes frontalières. Ses travaux ont été publiés sous différents formats (articles, chapitres de livres et un livre) en plusieurs langues (français, anglais, turc).

Rohullah Sidiqullah travaille actuellement sur un double master SciencesPo/Inalco sur la question de système d’intégration des refugiés afghans intitulée The integration system in France : The social, cultural and administrative challenges and difficulties of Afghan refugees. Il est membre de l’association PLACE et membre de LIMINAL/ Inalco. Rohullah a travaillé dans le système d’intégration en Norvège comme traducteur, enseignant de langue maternelle, en Afghanistan avec les organisations internationales comme UNDP, IRC (international rescue committee) et Afghanistan Peace and Reintegration Programme (éducation, paix et réconciliation). Il parle français, anglais, arabe, pachto, persan, urdu et norvégien.




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