NDAMI Chantal


Histoire
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Sujet de thèse

« Genre et agriculture familiale au Cameroun : 1930-1980 »

Directrice : ODILE GOERG (CESSMA - Université Paris Diderot)

Résumé de thèse

Les potentialités agricoles du Cameroun ont fait de ce secteur le moteur de la mise en valeur du territoire dès le début de la colonisation européenne à la fin du XIXème siècle. Si le développement des grandes plantations a marqué la période de colonisation allemande de 1884 à 1914, la France, puissance mandataire du Cameroun (partie orientale) après la première guerre, limite l’expansion de ces dernières et mise sur une agriculture familiale dont l’objectif est de favoriser l’émergence d’une paysannerie camerounaise initiée aux techniques culturales modernes et capable de s’adapter aux exigences des cultures d’exportation, principalement le café, le cacao et le coton. Le développement de ces cultures commerciales, exclusivement destinées au marché international, va transformer en quelques décennies la physionomie des campagnes du Cameroun, mais aussi ses structures sociales et économiques. Au Cameroun, surtout dans la zone forestière, le travail agricole est caractérisé par une division sexuelle du travail qui laisse aux femmes un rôle majeur dans la production alimentaire. Il existe une dépendance entre hommes et femmes au sein des exploitations agricoles. Car s’il appartient à l’homme de mettre à disposition de la femme la terre agricole, il revient à cette dernière de l’exploiter pour les besoins alimentaires de la famille. En pays bamiléké, la forte densité de la population a abouti à une intensification de l’agriculture. Notre étude s’intéresse particulièrement à cette partie des hautes terres de l’ouest du Cameroun, où la culture du café arabica a contribué à faire de ce terroir et de ses habitants une des zones les plus prospères du Cameroun.
Notre étude analyse l’évolution des rapports de genre et la manière donc les changements sociaux et économiques ont influencé le système de production agricole familiale en pays Bamiléké : accès à la propriété foncière, à l’argent, à l’information et au marché. Pour comprendre ces évolutions, nous partons de quelques interrogations : quels sont les ressorts pouvant expliquer l’adaptation rapide de la société bamiléké à l’économie de marché et la prospérité du café dans cette région ? De quelle manière l’insertion de la société bamiléké dans l’économie de marché par le biais du café a-t-elle fait évoluer les rapports de genre ? La cohabitation tendue entre cultures vivrières et café traduit-elle des enjeux de pouvoir en termes de contrôle des ressources agricoles et monétaires au sein des familles paysannes bamiléké ?

Publications

En colloaboration H. Guétat-Bernard, « Géo-histoire du genre et du développement rural en Afrique : l’exemple emblématique de l’Ouest et du Sud Cameroun », in Genre, féminismes et développement : une trilogie en construction, Presses de l’Université d’Ottawa, à paraître.

« Les agricultrices et la propriété foncière en pays Bamiléké (Cameroun). Un droit foncier coutumier en tension », Cahiers du Genre, 2017/1, 62, pp. 119-139.

Communications

« La production de la connaissance sur le travail des femmes en agriculture à l’époque coloniale : Entre représentations coloniales et expériences des femmes », communication acceptée, Université d’été du Redoc, « De l’observation à la production de la connaissance : les médiations dans la recherche en sciences sociales », Ottawa, 18-22 juin 2018.

« Gender and French colonial agricultural policy : The issue of soil conservation in Bamiléké Grassfield (Cameroon) 1945 – 1960 », Rural History conference, Girona, Panel 51 : « Tropical farming and agricultural knowledge networks in (post)colonial Africa, 1920s-1970s » 7-10 septembre 2015.

« Agriculture familiale et dynamique de genre au Cameroun 1920-1960 : Quelle place pour les femmes dans le processus de modernisation des systèmes de production agricole paysanne ? », 6ème Université d’été du Redoc (Réseau international d’Ecoles Doctorales en sociologie/sciences sociales/ AISLF), « Faire de la recherche sur le genre : Enjeux et perspectives », Brest, 22-26 juin 2015.

« Division sexuelle du travail en agriculture au Cameroun, 1930-1980 », Berkshire Conference of Women Historians, University of Toronto, 22-25 mai 2014.

« ‘Femme au foyer’ ou ‘cultivatrice’ ? Réalités et représentations du travail féminin en milieu rural au Cameroun sous administration française. 1920-1960 », intervention au séminaire de Master 2, « Représentation de soi, représentation des autres : l’Afrique et le monde, circulations culturelles, cultures urbaines et identités, Femmes et genre en Afrique subsaharienne », Université Paris Diderot, 8 décembre 2014.

« Résistances féminines en milieu rural : Les paysannes bamiléké face au développement du café Arabica », Université d’été, « Genre : Documenter les résistances », MMSH, Aix-Marseille Université, 22-29 Septembre 2013.