DIALLO Safiatou


Histoire de l’Afrique
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Sujet de Thèse

Infrastructures sanitaires et formations médicales en Guinée, des années 50 aux années 2000

Directeur : Odile Goerg (CESSMA - Université Paris 7 Diderot)

Publications

« Politique, ethnicité et violence : les événements d’octobre 2010 à Siguiri », Mémoire collective. Une histoire plurielle des violences politiques en Guinée, FIDH-RFI, 2018, p 266-276

Résumé de thèse

En Guinée, le secteur de la santé a connu d’importantes mutations. Cette évolution est dictée par l’histoire politique contemporaine du pays ainsi que la vision des différents régimes qui se sont succédé dans le pays. Toutefois, il est admis que d’importantes avancées ont été enregistrées face aux endémo-épidémies du passé. Une des conséquences majeures de ces importantes avancées est le relèvement de l’espérance de vie qui, dans le cadre guinéen, passe de 40 ans environ en 1950 à 54 ans en 2000. La mise en place de spécialités médicales comme la chirurgie, la gynécologie-obstétrique, la cardiologie, pour ne citer que ces exemples, renforce sensiblement les progrès enregistrés dans le domaine sanitaire. Cependant, au-delà de ces progrès et de leurs effets bénéfiques, l’accès aux soins de santé de qualité pour tous, reste un véritable problème. L’absence de structures répondant aux normes, parfois les plus primaires, le déficit de personnel qualifié dans plusieurs services, la privatisation non contrôlée, la modicité des investissements ainsi que les déficiences organisationnelles dans le secteur de la santé expliquent, entre autres, les difficultés auxquelles se trouve confronté aujourd’hui le système sanitaire guinéen. Ce qui explique, en bonne partie, les réponses inappropriées de l’Etat Guinée face à l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola et le recours à l’aide internationale, notamment celle de l’Occident. Une plongée dans l’histoire atteste, si besoin en était que, de tous les services sociaux de base en Guinée, celui des soins de santé figure parmi les priorités des autorités politiques aussi bien sous la colonisation que durant la période postcoloniale. Ainsi, le premier établissement sanitaire implanté en Guinée fut l’hôpital colonial de Conakry créé en 1902, et qui porta plus tard le nom de l’administrateur et médecin-militaire, Noel Ballay. Après l’accession de la Guinée à la l’indépendance, dans le cadre d’un vaste élan de nationalisation, la structure fut débaptisée pour prendre le nom d’Hôpital Ignace Deen. Les politiques de santé connurent, sous la colonisation ou après l’indépendance, des évolutions, des trajectoires et des fortunes diverses, aussi bien aux niveaux des orientations, des offres de soins, des mécanismes d’approvisionnement en médicaments. Ce qui, du reste, va retentir sur la perception du médecin, de la médecine moderne, des prestations, pratiques et offres de soins ainsi que la nature des relations soignants/soignés. Mots-clés : infrastructures sanitaires, colonisation, hôpitaux, médecins, infirmiers, médecine coloniale, médecine révolutionnaire, formation médical, patients, soignants.