Axe thématique n°2 : « Villes du Sud : pouvoir, pratiques citadines et devenir métropolitain »

par  CESSMA

Coordinatrices de l’axe : Véronique Dupont et Marianne Morange

Chercheurs statutaires participant prioritairement à l’axe : Monique Bertrand, Bérénice Bon, Philippe Cadène, Cathy Chatel, Valérie Clerc, Sylvie Fanchette, Laurent Faret, Manuelle Franck, Odile Goerg, Marie Gibert, Marcia Mathieu de Andrade, Aurélia Michel, Didier Nativel, Brigitte Rasoloniaina, Amandine Spire, Marie-Hélène Zérah, Robert Ziavoula,

Doctorants : Véronique Acking, Faly Andrantsietena, Alexandre Audard, Julien Birgi, Francesco Bogoni, Remi Desmoulière, Tania Romero Herrera, Kossi Leopold Kouakou, Pauline Monginot, Minh Phuong Ngyen, Elsa Paris, Liang Peng, Edna Peza, Aline Pighin, Yves-Marie Rault, Mada Sophianingrum, Tephanie Sieng

Associés et émérites : Anissa Bouayed, Damien Carrière, Abdoulay Mfewou, Chantal Chanson-Jabeur, Galila Elkadi, Faranirina Rajaonah, Tatiana Smirnova, Charles Tshimanga-Kashama

Le devenir métropolitain : héritages et mutations contemporaines.

Le thème de la métropolisation est renouvelé de deux manières :

(1) On aborde ce processus non pas à partir de son centre (villes globales, territoires bien connectés à la globalisation...) mais à partir de ses marges et de lieux où apparaissent des formes de métropolisation moins visibles et moins étudiées : petites villes, entités institutionnelles n’ayant pas le statut de ville mais qui jouent un rôle dans la transition urbaine et dans l’organisation de grandes régions métropolisées, notamment la construction de corridors urbains et industriels. Ou encore, espaces ruraux et périphéries urbaines sur lesquels s’appuie la métropolisation notamment par la mobilisation de ressources (énergétiques, agricoles, naturelles...).

(2) La métropolisation est appréhendée au travers des pratiques urbaines afin de questionner la spécificité du devenir citadin dans les Suds. Il s’agit en particulier d’interroger les liens entre transition métropolitaine et citadinisation au Sud. La ville est envisagée comme une ressource politique, culturelle, économique, symbolique, que les acteurs mobilisent par le biais de compétences spatiales. Celles-ci résultent de leur apprentissage de la maîtrise d’espaces urbains en mutation qui traduit une certaine expérience citadine, y compris dans ses dimensions sensorielles et émotionnelles. L’équipe questionne le rôle des mobilités et des flux matériels et immatériels dans la construction et les formes de citadinité fondées sur la capacité à tirer parti de multiples ancrages territoriaux.

Processus de mise en normes de la ville et contestations. Le débat sur la construction de normes et la mise en ordre des espaces urbains accorde ici une large place aux pratiques citadines. Il s’agit de comprendre comment se co-construisent des normes d’être en ville (de se loger, d’accéder aux services urbains ou au foncier, de travailler...) et comment se mettent en place des ordres socio-spatiaux à travers des processus de normation (production de normes) et de normalisation (mise en conformité par rapport à des normes existantes), à l’interface entre l’Etat et les citadins. Cette rencontre est envisagée à travers deux prismes :

(1) Le conflit et les résistances à la mise en normes et en ordres. Les mobilisations des citadins contre les régularisations, expulsions, déplacements et relocalisations forcées sont envisagées comme des formes de dissidence et de réinterprétation de la norme, mais aussi comme des moments de construction de normes d’être en ville, dans un rapport conflictuel ou de collaboration entre acteurs.

(2) Un second groupe de travaux s’inspire des approches foucaldiennes, en particulier du concept de gouvernementalité pour étudier l’incorporation des rapports de pouvoir à travers la mise en œuvre de politiques urbaines. A l’interface entre pratiques de gouvernement et pratiques citadines, nous analysons les processus par lesquels sont remodelées les subjectivités citadines et sont construits des sujets de gouvernement. Il s’agit de comprendre comment se reformule l’idée d’une place en ville et d’un droit à être en ville ou de la ville, à différentes époques, notamment dans des contextes de colonisation, d’affirmation des indépendances ou de décolonisation, et plus contemporains, de néolibéralisation.

Ces travaux revisitent, à partir de nouveaux questionnements, des objets classiques : les stratégies résidentielles, les conflits autour des politiques foncières et d’habitat, les réformes des conditions d’accès aux services urbains, les régularisations in situ ou relocalisations de résidants et de commerçants dits informels dans le cadre de projets de renouvellement urbain ou de « modernisation ».

Approche et méthodologie. Les travaux s’appuient sur des terrains situés dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et Centrale, d’Asie du Sud et du Sud Est et du Moyen Orient, permettant la mise en œuvre d’une démarche comparatiste intra-régionale et transrégionale. Priorité est donnée aux enquêtes et observations de terrain, en s’appuyant sur la palette des outils propres à chaque discipline et en conjuguant approches qualitatives et quantitatives. Par ailleurs, nous privilégions une approche multiscalaire, dans l’espace comme dans le temps, et portons une attention particulière aux interactions entre les différents acteurs de la fabrique urbaine.