PIGHIN Aline - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

PIGHIN Aline

par  PIGHIN Aline

Histoire, Histoire de l’Art, Afrique centrale, XXe siècle
Directrice de thèse : Odile Goerg, Université Paris Diderot
Contact : alinepighin@gmail.com

2016- : Chargée de cours, Sciences Po Paris
2018-2019 : Boursière du Musée du quai Branly
2018 : Boursière de l’Agence universitaire de la Francophonie
2016, 2018 : Boursière de l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS-Research)
2014-2017 : Chargée d’études et de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art

Sujet de thèse

Modernités plastiques congolaises, 1940-1970.
Fabrique d’une esthétique, circulations artistiques, frictions discursives

Publications

Essais dans des catalogues d’exposition

- « Wenzé ya performance — Corps politiques, corps commun(s) / Wenzé ya Performance — Body Politics, Body Commons », in Dominique Malaquais (dir.), Kinshasa Chroniques / Kinshasa Chronicles, Montreuil, Sète, Éditions de l’œil, Musée international des arts modestes, 2019, p. 116-129

Notes de lecture

- « Malaquais Dominique, Khouri Nicole (dir.), Afrique-Asie. Arts, espaces, pratiques, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2016 », Études Littéraires Africaines, n°43, 2017
- « Magnin André (dir.), Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko, Paris, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2015 », Cahiers d’études africaines, « De l’art (d’être) contemporain », n°223, octobre 2016

Actes de colloque

- « Brazza. Dakar. 1966. Négocier les contours de la modernité plastique congolaise », [Actes du colloque Cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres : Mémoire et Actualité (1966-2016), CACSEN, Dakar, novembre 2016] (à paraître)

Colloques, journées d’études & conférences

Colloques internationaux

- « Chercher la Révolution congolaise. Le roman national et ses traces, 1963-1969 » (avec Héloïse Kiriakou, IMAF-Paris 1), atelier Lieux, atmosphères, représentations des expressions culturelles au prisme de leurs traces, 5e Rencontre des études africaines en France (CNRS — GIS Afrique), Marseille, 9-12 juillet 2018
- « Brazza. Dakar 1966. Négocier les contours de la modernité plastique congolaise », colloque Cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres : Mémoire et Actualité (1966-2016), CACSEN (Communauté africaine de culture, section Sénégal), Dakar, 8-10 novembre 2016
- « Pour une histoire des productions culturelles en Afrique : méthodologie et sources », table ronde avec Odile Goerg, Didier Nativel et Emmanuelle Spiesse, 3rd Biennial Conference on African History (African Studies in Europe — AEGIS), Leipzig, 20-22 mars 2016
- « Arts in Paper | Arts of Paper : Political and Militant Uses in Congo-Brazzaville (1950-1968) » (avec Héloïse Kiriakou, IMAF-Paris 1), atelier Mobilizing power of images and waves, from late colonialism to the first decades of independence, 6th European Conference on African Studies (ECAS), Paris, 8-10 juillet 2015
- « Gutemberg [sic] dans la brousse et ses suites. Hypothèses typologiques des lieux de la création artistique dans les Congos coloniaux d’après-guerre », atelier Circulations culturelles en Afrique subsaharienne (XXe-XXIe siècles) : modalités, acteurs, impacts, 3e Rencontre des études africaines en France (CNRS - GIS Afrique|LAM), Bordeaux, 30 juin - 3 juillet 2014

Journées d’études

- « D’une tour l’autre, allers-retours. Performer son droit à la cité. Explorations kinoises », journée d’études The Tower. Réfléchir l’espace urbain postcolonial, Rennes, université Rennes 2, 4 avril 2018
- « Le Musée de la Révolution au Congo-Brazzaville. Transposition vernaculaire d’un outil de l’Internationale socialiste ? » (avec Héloïse Kiriakou, IMAF-Paris 1), journée d’études Villes et circulations culturelles en Afrique subsaharienne, XXe-XXIe siècles. Acteurs, modalités, impacts, université Paris Diderot, Paris, 4 novembre 2016
- « Quand le colon collectait. Mémoires ambigües du Musée africain de Namur », journée d’études Collectionner l’Autre et l’Ailleurs : de la curiosité à la reconnaissance ?, institut national d’histoire de l’art, Paris, 24 juin 2014

Séminaires de recherche

- « Un musée en boîtes. Le Musée d’Histoire et de la Révolution Congolaise, 1965-1969 » (2h), séminaire de la Pr. Odile Goerg, Histoire de l’Afrique. Les objets, approches méthodologiques, université Paris Diderot, Paris, 4 décembre 2017
- « Mobutu, Mohamed Ali, Badibanga et les critiques d’art. Zaïre 7(3)4 » (2h), séminaire d’élèves dirigé par Elara Bertho et Ninon Chavoz, Afriques transversales, école normale supérieure (ENS), Paris, 24 avril 2017
- « Vie(s) et survie du Musée national du Congo, Brazzaville » (2h), séminaire de Christine Mengin, Histoire de la mise en valeur du patrimoine dans les musées, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris, 30 mars 2016
- « Perception(s) sociale(s) de l’artiste congolais, 1940-1960. Inactualités des Brazzavilles noires » (2h), séminaire de Jean-Luc Martineau et Pr. Didier Nativel, Circulations culturelles, cultures urbaines et identités en Afrique, XIXe-XXIe siècles, Inalco, Paris, 1er février 2016
- « Réévaluer l’urbain ? Jalons pour une cartographie des lieux de la création artistique dans les Congos d’après-guerre » (2h), séminaire de Béatrice Joyeux-Prunel, Traçabilité et circulation des faits artistiques entre les Suds—ARTL@S, école normale supérieure (ENS), Paris, 3 mars 2015
- « L’Afrique au ciseau. Allers-retours dans les collections belges et françaises » (2h), séminaire de la Pr. Odile Goerg, Représentation de soi, représentation des autres : l’Afrique et le monde, université Paris Diderot, Paris, 17 novembre 2014

Conférences publiques

- « Des peintres de Poto-Poto et des autres, 1946-1966 », institut français du Congo, Brazzaville, 15 juin 2017
- « Figer les gravures de la chair dans le plâtre. Des moulages sur nature au service de l’ethnographie coloniale belge, 1908-1958 », festival de l’histoire de l’art, Fontainebleau, 2 juin 2013

Résumé de thèse

Les deux Congo, situés de part et d’autre du fleuve éponyme, sont le cœur d’une aire géographique et culturelle cohérente mue à partir des années 1940 par une effervescence artistique d’un nouveau genre. Scape culturel multipolaire (Appadurai 1996), le bassin congolais produit son unité, par la fluidité avec laquelle s’opèrent les circulations et les échanges entre les capitales-miroirs (Gondola 1997), Brazzaville et Kinshasa, malgré une empreinte coloniale différenciée, et les contextes politiques qui s’y installent à partir de 1960 : la République du Congo, d’option socialiste sous la présidence d’Alphonse Massamba-Débat puis République populaire en 1968, et le régime de Mobutu, qui nomme le territoire Zaïre à l’acmé de sa politique d’authenticité, en 1971. Si les études culturelles ont éprouvé et validé de telles dynamiques, en privilégiant des objets comme la photographie ou les musiques populaires (Stewart 2003, White 2008), elles n’ont toutefois pas encore intégré dans leurs objets les scènes plastiques et leurs productions, peintures et sculptures, performatrices d’un laboratoire de modernité artistique riche et singulier, propre à ces territoires.
Des premières traces à Brazzaville des peintres autodidactes Gaspard de Mouko et Nkusu Dacosta, puis Jean Balou, Faustin Kitsiba, Eugène Malonga et Guy Léon Fylla, dans ces années 1940, à la création d’une section Zaïre de l’Association internationale des critiques d’art (AICA) en 1972, présidée par Célestin Badibanga ne Mwine, c’est pourtant une scène artistique autant qu’un moment dans l’histoire de l’art des deux rives du fleuve Congo qui se crée, et s’écrit.
La recherche souhaite permettre l’élaboration d’une grammaire de la critique d’art endogène et exogène aux territoires, dont les frictions permettent un travail épistémologique à même de définir au plus juste les contours de catégories esthétiques renouvelées — à réinsérer dans une histoire culturelle et de l’art plus globale, connectée aux mouvements intellectuels qui s’affirment au tournant des indépendances, et qui en participe.