Journée d'études de l'Axe Construction et Usages des savoirs - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

Journée d’études de l’Axe Construction et Usages des savoirs


La séance se déroulera à :
l’Université Paris Diderot
Bâtiment Olympe de Gouges
8 place Paul Ricœur
75 013 Paris
Salle 870, 8ème étage

Mardi 14 avril 2015
de 9 h 00 à 17 h 00

« L’appropriation des savoirs »
Acteurs, enjeux, territoires, processus

Les recherches actuelles sur les élaborations, circulations et usages des savoirs insistent sur l’hybridité de ces constructions, les multiples phénomènes d’emprunts et de recompositions qu’ils mettent en œuvre, et permettent de sortir d’oppositions, parfois un peu simples, entre des savoirs qui seraient scientifiques et des savoirs dits traditionnels ou encore autochtones. La notion de transfert a souvent été mobilisée pour rendre compte de ces processus. Elle permet en effet d’interroger la circulation de tout type de savoir, par des acteurs variés, et leur transposition en des contextes différents. Toutefois, elle tend à présupposer une forme de permanence ou d’autonomie de ces savoirs et savoirs faire ce qui conduit parfois à une étude des circulations dissociée des acteurs qui les produisent.

L’originalité du concept d’appropriation sur lequel nous nous proposons de réfléchir, dans le cadre du nouvel axe « Constructions et usages des savoirs » du CESSMA, est d’être centré sur le point de vue des acteurs, leur visée, leur pouvoir d’initiative et les stratégies qu’ils déploient dans la production et l’usage des savoirs. Il sera moins question de réception que d’appropriation de savoirs ou de pratiques par des acteurs, individuels ou collectifs.

Nous envisageons une approche d’observation, de description et d’analyse, formulée en plusieurs étapes. Nous en cernerons d’abord, au cours de cette journée d’études, les modalités pratiques dans une perspective centrée sur la description pragmatique, visant à définir une perception théorique globale sur la base des thématiques que nous aurons identifiées dans les champs de l’investigation (faits sociaux, culturels, y compris linguistiques, ou politiques). Les approches seront multidisciplinaires. Ce qui nous est commun est de partir d’expériences concrètes, observées et décrites, à partir du terrain, pour aller vers une réflexion thématique plus formalisée, à l’occasion d’un colloque international.

Les contributions de cette journée porteront sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique, en n’excluant pas leurs relations avec le reste du monde, en situation contemporaine ou ancienne. La nature des savoirs envisagés sera très diverse, qu’il s’agisse des savoir-faire, de savoirs considérés comme « scientifiques », tant formels qu’informels, de savoirs dits « professionnels » ou encore « traditionnels », qu’ils soient perçus comme populaires, lettrés, classiques ou savants. La question de « l’appropriation » patrimoniale - patrimoines matériels et immatériels… - et des savoirs afférents sera aussi au cœur du questionnement.

On pourra ainsi s’intéresser, sans exclusive, à tous les phénomènes de l’appropriation des savoirs ou des savoir-faire, issus de régions ou de cultures spécifiques, comme à tous les processus de fabrication ou de dépassement (pratique, critique) de savoirs ou de savoir-faire, conduisant à des réélaborations originales, voire à des transformations de leurs signification et de leurs usages.

Que signifie s’approprier des savoirs ? Comment s’établit le rapport de l’observateur ou de l’apprenant à un savoir identifié ? Quelles méthodologies ou perspectives critiques permettent d’identifier des savoirs existants mais non reconnus comme tels, dans la société d’origine ou dans la culture de l’observateur ?
Comment l’appropriation peut-elle conduire à des formes d’instrumentalisation ou de manipulation de savoirs étrangères à l’usage des détenteurs originaux ?
Dans quelle mesure l’appropriation de savoirs ou de savoir-faire participe-t-elle à la construction d’identités ou de rôles sociaux ?
En quoi l’appropriation de savoirs constitue-t-elle une source de pouvoir et de puissance ou, au contraire, peut-elle être considérée comme un processus subversif ou dangereux ?
Dans quelle mesure les savoirs ou savoir-faire sont-ils l’objet d’une concurrence entre acteurs pour leur captation et leur exploitation en situation de monopole ?

Contacts :
marie-albane.desuremain@univ-diderot.fr
anne.viguier@inalco.fr

Programme de la matinée

Programme de l’après-midi