BIGNON Carole


Géographie
Contact : carolebignon@hotmail.fr


Sujet de Thèse

« Les processus de légitimation citadine dans les espaces ‘irréguliers’ de Douala »

Directeur : Laurent FARET (CESSMA - Université Paris 7 Diderot)
Co-directrice : Marianne MORANGE (CESSMA - Université Paris 7 Diderot)

Communications

- « Territoires de la marge, territoires en marge ? La production de l’‘irrégularité’ à Douala », présentation dans le cadre du séminaire du CESSMA « Repenser le droit à la ville depuis les villes du sud » organisé par Marianne Morange et Amandine Spire, Paris, le 20 novembre 2013.

- « Normes foncières et pratiques citadines à Douala : se sentir, se rendre légitime dans les espaces ‘irréguliers’ », 2ème Rencontre des Jeunes Chercheurs en Etudes Africaines (JCEA) : Panel « Pratiques et formes émergentes de gouvernance du foncier », Paris, le 4 octobre 2014.

Résumé de thèse

Douala, capitale économique du Cameroun, est un pôle attractif non seulement à l’échelle du pays mais aussi de l’Afrique Centrale. Les habitants de toutes classes sociales, qu’ils soient locataires, propriétaires, « autochtones », « néo-autochtones », « allogènes », étrangers, ainsi que les autorités administratives et coutumières, sont autant d’acteurs qui exercent une pression sur l’accès au sol, entraînant une forte convoitise de l’espace et des rapports de force inégaux. Se loger en centre-ville est presque impossible pour une grande majorité de Doualais. Les espaces ‘irréguliers’, où les normes et les droits en vigueur peuvent se superposer, sont devenus une alternative résidentielle financièrement abordable pour les citadins en quête d’espaces disponibles.

Dans ce contexte, la question foncière apparaît comme étant au cœur des préoccupations des Doualais. Différents modes d’occupation du sol, légaux, illégaux, légitimes, illégitimes, donnent à voir différents degrés d’intégration en ville. L’étude de l’accès au sol permet d’aborder les processus de légitimation citadine : comment se faire une place en ville, quels sont les rapports de pouvoir qui peuvent s’exercer à travers le « foncier » ?

Trois quartiers aux caractéristiques sociogéographiques hétérogènes, dont le choix s’est fait dans une optique comparative, permettent d’observer les processus de légitimation des citadins au quotidien, à travers les discours et les pratiques : Akwa : quartier central et tramé dont l’appartenance historique est revendiquée par les dits autochtones, également centre des affaires ; New Bell : quartier péricentral considéré comme le quartier historique des dits allogènes ; Bonabéri Sud : zone d’habitat périphérique récemment et densément peuplée, qualifiée d’inconstructible car marécageuse et donc sans sécurité foncière.

L’analyse de ces rapports de pouvoir est permise notamment à travers l’étude du récent déguerpissement de Nkomba (Bonabéri Sud), opéré en mars 2014 dans le cadre de politiques de régularisation. En traitant des politiques publiques - légitimes ou non, bien que légales - nous traitons également, à l’échelle plus fine des citadins, des concurrences concernant la revendication de la légitimité pour l’occupation du sol, souvent influencée par l’appartenance à des groupes dits ethniques.