PARIS Elsa

par  PARIS Elsa

Histoire comtemporaine

Contact : elsa.l.paris@gmail.com

Directrice de thèse : Odile Goerg

2017-2019 : professeure d’histoire-géographie, lycée Georges Brassens (94)

2014-2017 : doctorante contractuelle, Université Paris Diderot

2013 : agrégée d’histoire


Sujet de Thèse

Faire une carrière universitaire au Sénégal indépendant (années 1960-1980) : trajectoires, mobilités et construction de l’État

Résumé de thèse

L’Université de Dakar (Sénégal), fondée par décret en 1957 par l’État français dans la capitale de l’Afrique Occidentale française pour desservir toute la fédération, constitue le premier établissement d’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest francophone. Après les indépendances, l’enjeu de cette institution devient national : il s’agit de former les cadres des nouveaux États africains, et parmi eux les futurs enseignants et chercheurs du continent. Composée de quatre facultés (lettres, sciences, droit, médecine), elle est gérée par la France jusqu’en 1970, dix ans après l’indépendance politique. Elle reste la seule université au Sénégal sous la présidence de Senghor (années 1960-1980). Durant cette période, les enseignants africains du supérieur, recrutés au compte-gouttes puis de façon accélérée à partir des années 1970 jusqu’à devenir majoritaires dans les années 1980, côtoient des collègues européens, mais également des étudiants venant de divers pays francophones ; cette cohabitation génère des réseaux de sociabilités transnationaux qui influent sur les champs de savoirs et la production de connaissances.

En quelle mesure ce contexte politique et institutionnel influe-t-il sur la composition du corps universitaire au Sénégal indépendant ? En outre, étant donné que l’université repose à ses débuts sur la présence de professeurs étrangers, comment l’institution va-t-elle former ses propres enseignants ? L’objectif central de cette étude est de mener une histoire sociale du milieu universitaire, en prenant en compte les enseignants, toutes nationalités et disciplines confondues, mais également les étudiants inscrits en thèse et se destinant à la carrière universitaire. Par une enquête prosopographique couplée à des entretiens, il s’agit d’interroger l’existence de ce corps professionnel, son unité et ses propriétés sociales (caractéristiques, pratiques sociales et professionnelles, présentation de soi), ainsi que le rapport de ces premières générations d’universitaires en Afrique à l’environnement local, en particulier dans sa dimension politique. Cette analyse pose également la question de l’accès différencié à l’enseignement supérieur et à la mobilité pour études (question du genre, des origines sociales et géographiques...), enfin des contenus d’enseignement et de leurs modalités de diffusion et de transmission.

Cette étude suppose également d’interroger l’articulation des niveaux locaux, nationaux et internationaux : qu’il s’agisse de la mobilité étudiante ou professionnelle, les circulations à échelle nationale, régionale et mondiale seront analysées afin de situer la place de l’institution et de ses acteurs dans les réseaux de sociabilités transnationaux qui structurent le champ académique. Par ailleurs, étudier la reconfiguration des mobilités universitaires dans la transition des indépendances implique de questionner le rapport de ce groupe social à la nation, à l’ancienne métropole ainsi qu’au continent africain, notamment sous l’angle du panafricanisme. Ces acteurs furent assurément d’une importance cruciale pour les nouveaux États, car ils représentaient à la fois la vitrine intellectuelle du pays et le corps professionnel le plus apte à participer à l’élaboration et à la transmission d’un discours national ; de ce fait, il s’agit bien par ce travail de mettre au jour la perception que les universitaires avaient d’eux-mêmes et de leur rôle social, ainsi que l’incidence de cette perception de soi sur les choix individuels de formation, d’orientation professionnelle et de mobilité dans le Sénégal des années Senghor.


Publications :

- Coordination du dossier « Méthodologie de l’enquête en sciences sociales », Encyclo, n°9, 2018 (avec Ludovic Joxe).

- « Les étudiant(e)s en médecine en Afrique de l’Ouest au XXème siècle : perspectives historiques sur la formation d’une élite », Outre-Mers. Revue d’histoire, T. 105, N°394-395, 2017.

Communications :

- « Construire une "université africaine" : l’Université de Dakar (Sénégal) après les indépendances (années 1960-1980) », journée d’études du CESSMA « Appréhender la figure de l’acteur dans la globalisation », INALCO, Paris, 10 novembre 2016.

- « L’Université de Dakar après les indépendances : un espace-relais de la "francophonie" ? », colloque international « Les circulations étudiantes dans l’espace francophone au XXe siècle : institutions, parcours et sociabilités », Université Concordia, Montréal, 8 juillet 2016.

Animation de la recherche :

- Membre du comité d’organisation de la 2ème édition du Colloque des Doctorant.e.s de la Fédération Sciences Sociales Suds (CODOFE), « Les catégories d’analyse à l’épreuve du terrain », CNRS Ivry, 17 novembre 2016.

- Organisatrice de la table-ronde « Classes sociales et production des savoirs sur les sociétés africaines », dans le cadre du séminaire « Anthropologie, marxisme et politique : passé et présent », EHESS, Paris, 14 juin 2016.

- Membre du comité d’organisation de la 3ème Rencontre des Jeunes Chercheur.e.s en Études Africaines (JCEA), Université Paris Diderot, Paris, 14-16 janvier 2016.

- Décembre 2015 - septembre 2017 : Membre du secrétariat de rédaction de la revue Encyclo.