ACKING Véronique


Histoire de l’Afrique
Contact : veronique.acking@gmail.com


Sujet de Thèse

Le « malaise créole » à l’île Maurice

Directeur : Didier NATIVEL (CESSMA - Université Paris 7 Diderot)

Communications

- « Processus de racialisation à l’île Maurice. Le cas des Ti Kréols », colloque de « De quelle couleur est le sang ? », Casa de Velázquez, 15 – 16 décembre 2016, Madrid.

- « L’expérience chagossienne : un univers ti Kréol en marge de Maurice », séminaire Actualités de la recherche sur l’océan Indien (histoire, sciences sociales) & Logiques corporelles des sociétés et des pouvoirs (XIXe-XXIe), Université Paris Diderot Paris 7, 17 novembre 2016, Paris.

- « L’île Maurice à l’ère de la globalisation : « miracle économique » et fabrique de la marginalisation », journée d’études du CESSMA à l’INALCO, 10 novembre 2016, Paris.

- « Les Créoles dans la société mauricienne. Etude d’une minorité dans une société postcoloniale », débat-conférence à l’IUT/GLT d’Evry, 9 avril 2015, Evry.

- « Le rapport de la communauté créole à la politique : qu’est-ce qui explique la faible insertion des Créoles dans le champ politique ? », journée d’étude sur la situation politique, économique et sociale des Créoles à l’île Maurice, Centre d’Etudes de l’Inde et l’Asie du Sud (CEIAS) à l’EHESS, 7 juillet 2015, Paris.

Publications

- Traduction : Catherine Servan-Schreiber « Cosmopolitanism and Transformation of Indo-Mauritian Music Traditions », in Sarunas Paunknis (dir), Editions Dislocating Globality, Deterritorialization, Difference and Resistance, à paraître chez Brill.

Résumé de thèse

L’île Maurice (Mauritius en anglais et Moris en créole mauricien) est une ancienne colonie française (1715-1810) et britannique (1810-1968) qui compose l’archipel des Mascareignes avec l’île Rodrigues et l’île de la Réunion. Depuis son accès à l’Indépendance (12 mars 1968), plusieurs acteurs, notamment politiques, évoquent le mauricianisme (idéologie dominante qui renvoie à l’union de toutes les communautés pour former une seule entité nationale) comme principal facteur de ralliement pour correspondre au modèle de « l’unité dans la diversité ». Cependant l’appartenance communautaire demeure le maître-mot régissant la plupart des interactions sociales, entre les minorités et les majorités. L’identité et la position de chacun dans la sphère sociale sont ethniquement déterminées, produisant ainsi une société mauricienne ultra-stratifiée et hiérarchisée. Ce travail de thèse a pour enjeu central d’apporter une meilleure compréhension du « malaise créole » à l’île Maurice depuis les années 1960. Cette notion renvoie à l’échec récurant d’une éventuelle ascension sociale des membres de la Communauté créole, plus précisément les Ti Kréols, descendants d’esclaves africains et malgaches les plus pauvres.

Dans le cadre d’une démarche socio-historique, ce travail se déploiera suivant trois axes. Il s’agira tout d’abord d’analyser des parcours individuels et collectifs de Ti Kréols résidant dans des espaces proches de la capitale Port-Louis, en particulier d’anciennes cités ouvrières (Roche Bois, Karo Kalyptis et Tranquebar) et des espaces sur les zones côtières (Trou d’Eau Douce et Tamarin) entre autres. Les récits de vie collectés et contextualisés aideront à documenter les variables qui participent à la production et au maintien de la marginalité sociale. Nous mènerons d’autre part une étude critique de la « notion de malaise créole » qui interrogera les multiples représentations du passé de l’île Maurice, sources possibles de la reproduction de stéréotypes discriminants. Enfin, nous tenterons de cerner les capacités de mobilisation des Ti Kréols dans un contexte où le pluralisme ethnique est un fondement ambivalent de l’action publique.