ZAIED Sarra

par  ZAIED Sarra

Histoire
Contact : sarrazaied12@gmail.com

Sujet de Thèse

"Le langage du nationalisme : partis politiques, discours et mobilisations en Tunisie coloniale (1906-1956)"

Directeur : Olivier Bouquet (CESSMA - Université Paris Diderot)

Communications

- « Le nationalisme tunisien à travers la question du bilinguisme : intellectuels, discours et statut des langues durant la période colonial », le 9 juin 2016, 4ème Rencontre de la Halqa des doctorants en sciences sociales sur les mondes musulmans modernes et contemporains
- « Le nationalisme tunisien à travers la question des langues : méthodologie de recherche, questionnements et état de la question », le 30 septembre 2016, Deuxième rencontre euro-arabe des jeunes-chercheurs, Bahrein
- « Écrire et diffuser ses idées en arabe ou en français : les discours de Tahar Sfar et de Salah Ferhat dans La voix du peuple », le 8 juillet 2017, 2ème édition du Congrès du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans, Paris (INALCO)
- « Discours de lettrés politisés sous protectorat : une dialectique coloniale comme stratégie discursive en 1906 ? », le 21 février 2018, séminaire MENASC (Middle East and North Africa Scientific Community), Paris
- « La prise de parole comme engagement politique : les lettrés tunisiens sous protectorat entre subjectivation et désindividuation », le 28 mars 2018, Journée d’étude du GREMAMO Individu et individuation organisée par Laetitia Bucaille, Vanessa Van Renterghem et Prunelle Aymé, Paris
- « When discourses resonate : Tunisian and Lebanese speeches towards France after the First World War », le 20 juillet 2018, WOCMES ( World Congress for Middle Eastern Studies), Séville
- « Des nationalistes en quête de légitimité politique : pratiques discursives et mobilisations en Tunisie coloniale (1906-1956) », le 12 avril 2019, Ma thèse en cinq minutes, 5ème édition des rendez-vous de l’histoire du monde arabe, Institut du monde arabe, Paris
- « Mobilisations tribales dans le sud-est tunisien : s’adresser aux autorités, revendiquer son droit de regard (années 1950) », le 4 juillet 2019, 3ème édition du Congrès du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans, Paris (Panthéon-Sorbonne)

Publications

Résumé de thèse

En septembre 2019 ont eu lieu les élections présidentielles en Tunisie dans un contexte de grande crise économique et politique depuis la révolution qui a déchu Zine el Abidine Ben Ali en 2011. Parmi les nouveaux partis émergents, dont les intentions de vote retiennent l’attention de tous, une certaine Abir Moussi, avocate et ancienne membre du RCD (parti de Ben Ali) et son parti, nommé « al hizb al doustouri al hor »- le parti constitutionnel libéral. On peut s’interroger sur le choix du nom du parti : pourquoi faire référence à la constitution alors que la Tunisie a voté une nouvelle constitution en janvier 2014. Le nom adopté par Abir Moussi est une référence au parti de Bourguiba, créé en 1934, sous protectorat français, qui est le fait d’une scission au sein de ce même parti créé en 1920 par des figures de proue de la lutte nationaliste en Tunisie. En 1920 est créé le parti libéral constitutionnel, en arabe, al hizb al hor al doustouri. Le nom vient de la principale revendication émise par les militants du destour : remettre en place la constitution (dustur) de 1861 qui avait été abrogée en 1864. La reprise d’un nom qui évoque à l’imaginaire des Tunisiens la lutte nationaliste contre la colonisation et pour l’indépendance du pays est essentielle, en l’occurrence pour Abir Moussi qui tente de se placer dans un héritage bourguibiste – plutôt que ben aliste- en mettant au cœur de sa campagne sa lutte acharnée contre le parti islamiste Ennahda.

Cette incursion par le présent nous permet d’introduire la thèse et son hypothèse principale : En quoi les mobilisations des partis politiques sous protectorat sont-elles tributaires de la nécessaire question de légitimation ? A travers l’étude des discours émis par les militants tunisiens sous protectorat, il est apparu que l’émission de revendications (pour plus de justice sociale, entre autres) était corrélée, dans le corps du discours, par une nécessité de légitimer sa position de porte-parole des Tunisiens. Cette légitimation est triple puisqu’il s’agit pour ces militants de se légitimer face à l’administration coloniale, aux colons (à proprement parler) mais également face aux Tunisiens eux-mêmes. Ainsi, il apparaît progressivement que la forme des discours et les types de mobilisation sont modelés par cette problématique fondamentale. On retient souvent l’année 1934 comme l’avènement d’une ère nouvelle dans l’histoire du nationalisme tunisien, avec la scission du Destour et l’émergence d’une génération jeune et pragmatique, dont on compte Habib Bourguiba. L’année 1934 n’est en fait que la cristallisation, le pinacle de ces querelles de légitimité qui commencent dès le début du siècle.

Les sources formant mon corpus sont des discours au sens large : on trouve ainsi des discours émis en place publique ou lors de congrès, les articles de presse, les tracts, les pamphlets. Pour étudier au mieux cette question, l’étude se focalise sur le discours et la langue usitée par le locuteur, mais aussi le contexte socio-politique dans lequel on émet le discours : c’est ce que nomment les sociolinguistes la praxématique.

Ainsi, les enjeux sont éminents : l’étude des stratégies discursives, selon une méthode empruntée à la sociolinguistique, nous a permis de nous rendre compte de cette question.

La question de la légitimité est fondamentale puisqu’elle va définir qui sont les porte-parole des Tunisiens et par conséquent, qui l’on considère comme autorité. Cette question de l’autorité va avoir des conséquences sur l’histoire post-coloniale ( on peut prendre comme exemple frappant la querelle entre Bourguiba et Ben Youssef qui se solde par l’assassinat de ce dernier en 1961) de la Tunisie et dire qui prendra le pouvoir une fois l’indépendance acquise.




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