ZAIED Sarra

par  ZAIED Sarra

Histoire
Contact : sarrazaied12@gmail.com

Sujet de Thèse

"Le nationalisme tunisien à travers le statut des langues : intellectuels, discours et pratiques de la langue durant la période coloniale, 1906-1956"

Directeur : Olivier Bouquet (CESSMA - Université Paris Diderot)

Communications

- « Le nationalisme tunisien à travers la question du bilinguisme : intellectuels, discours et statut des langues durant la période colonial », le 9 juin 2016, 4ème Rencontre de la Halqa des doctorants en sciences sociales sur les mondes musulmans modernes et contemporains
- « Le nationalisme tunisien à travers la question des langues : méthodologie de recherche, questionnements et état de la question », le 30 septembre 2016, Deuxième rencontre euro-arabe des jeunes-chercheurs, Bahrein

Publications

Résumé de thèse

Le nationalisme tunisien se manifeste dès l’occupation française de la Tunisie, en 1881. Néanmoins, il revêt des aspects différents. En effet, avec l’apparition progressive, durant la période coloniale, en Tunisie d’une élite bilingue baignée et imprégnée des cultures tunisienne et française, le combat nationaliste se fait également à travers l’utilisation même des langues. Ces intellectuels se rendent rapidement compte de l’importance d’une langue. Elle prend une dimension symbolique et s’avère un outil « d’action et de pouvoir » selon l’expression de Bourdieu.
Dans un contexte d’exclusion linguistique- celui de la Tunisie sous le régime du Protectorat- où deux langues se côtoient mais où ces deux langues occupent des places bien distinctes, l’utilisation du français ou de l’arabe, relève d’une volonté politique de la part des activistes tunisiens. Les leaders nationalistes tunisiens bilingues occupent ainsi l’espace public à travers l’allocution de discours spontanés, une propagande nationaliste qui se traduit par la distribution de tracts mais également la création de journaux. Ces différentes méthodes utilisées s’avèrent d’autant plus efficace que ces leaders n’hésitent pas à employer la langue dominante- le français- ou la langue dominée – l’arabe-, voire les deux simultanément, selon les besoins. Il s’agit donc dans cette étude- qui s’étend sur la période 1906-1956- d’analyser le nationalisme tunisien à travers la question du bilinguisme et du statut des langues. Comment, dans un contexte d’exclusion linguistique, les langues jouent-elles un rôle déterminant dans la lutte nationale ? Il s’agira d’étudier cette question en faisant une analyse praxématique des sources, c’est-à-dire une étude sociolinguistique qui s’attache surtout au contexte dans lequel le discours est écrit ou prononcé.