FRESNEAU Jérôme - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

FRESNEAU Jérôme


Géographie du développement
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Sujet de Thèse

Conflits socio-environnementaux et recomposition des espaces de gouvernance en Amérique centrale

Directeur : Laurent Faret

Communications

- Dynamique organisationnelle et scènes de débat d’un conflit socio-environnemental. Le cas de la vallée de Condebamba – Pérou, Journée d’étude du CESSMA "Appréhender la figure de l’acteur dans la globalisation : étude des rapports conflictuels dans les pays émergents", Paris, 10 novembre 2016

- Conflits socio-environnementaux et recomposition des espaces de gouvernance en Amérique centrale, Atelier des doctorants du CERMA, Paris, 29 mai 2015

- Ressources d’un mouvement socio-environnemental et processus de territorialisation d’une lutte. Le cas de la vallée de Condebamba - Pérou, Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de Géographie de Paris, Édition 2015 – "La Ressource", Paris, 9 avril 2015

Résumé de thèse

La région centraméricaine est une entité géographique marquée par la fragmentation historique de ses espaces de gouvernance. Cependant, l’émergence à partir du 20ème siècle de nouveaux modèles nationaux (liés à la démocratisation, à l’intégration régionale croissante et à la reconnaissance de droits spécifiques à certaines catégories de population) et l’affirmation de la globalisation caractérisée notamment par l’extraversion économique et l’exploitation des ressources naturelles sont à l’origine d’une recomposition des structures territoriales de cet espace. Aujourd’hui, l’instauration d’un nouveau cycle minier s’illustre par la multiplication des projets miniers et la part croissante du territoire sous concession minière. Ce « boom minier » a pour conséquence d’affecter les configurations institutionnelles et politiques au niveau local et institutionnel.

En réponse, se développe une dynamique conflictuelle marquée par une multiplication des conflits sociaux autour, notamment, des questions environnementales. Ainsi émergent de nombreux conflits caractérisés par la prégnance des luttes indigènes et paysannes liés à la défense des ressources naturelles, de la biodiversité et de l’environnement, et à une « perte de contrôle » sociale du territoire. Dans cette perspective, les conflits représentent des situations d’action à travers lesquelles émerge dans les groupes contestataires une construction sociale et politique de l’environnement.

L’implantation d’activités extractives et les conflits sociaux et environnementaux qui en résultent sont le reflet d’une opposition entre différents « projets géographiques » : c’est la rencontre sur un même espace entre différents acteurs sociaux, différents modèles de développement, de différents projets politiques, de différentes territorialités. En somme, l’objectif est de saisir l’instauration à différentes échelles des rapports de forces entre les acteurs qui composent les processus conflictuels : acteurs mondiaux (entreprises multinationales, organisations non gouvernementales, institutions internationales), acteurs locaux (organisations sociales, collectivités locales, société civile, entrepreneurs et groupes de pouvoir locaux), acteurs étatiques (pouvoirs politiques, différents ministères) et acteurs économiques nationaux (entreprises, lobbys).

Pour cela, il importe de s’interroger sur la manière dont les situations d’actions liées à des projets d’extraction relèvent, au-delà des revendications environnementales, d’une remise en cause des processus de gestion sociale, environnementale et politique des territoires, et donc des formes actuelles de gouvernance. Ce travail s’intéresse, à partir des dynamiques conflictuelles socio-environnementales et plus généralement aux interactions sociales autour de l’environnement, aux recompositions et à la circulation à différentes échelles des formes de gouvernance (du territoire, de l’environnement, de la biodiversité).

Dans ce travail doctoral, nous cherchons à démontrer dans quelle mesure en Amérique centrale la multiplication des conflits socio-environnementaux associés aux activités extractives peut être facteur d’un ajustement des espaces de gouvernance, qui sans faire renoncer aux États leur vocation de contrôle du territoire et de la population, permet l’émergence de nouvelles configurations territoriales et d’espaces d’expression et d’alternative originaux.