Soutenance de thèses et de HDR

L’équipe du CESSMA participe activement à l’encadrement de thèses doctorales. Ci-dessous les sujets des thèses prochainement soutenues par les doctorants rattachés au laboratoire. Sont également listées les soutenance d’habilitation à diriger les recherches (HDR) des membres du laboratoire.



Soutenances de thèses

20 décembre 2019-14h00-18h-salle 870 ,Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouges

PLEDRAN Oriane

Sous la direction de Pascale PHELINAS (CESSMA - IRD), co-directeur Emmanuel Torquebiau

L’agroforesterie sous contrat : leurre ou opportunité ? Cas des filières café et cacao, études de cas au Pérou et au Nicaragua

RÉSUMÉ :

Le changement climatique, la dégradation des sols, la déforestation, la rémanence de la pauvreté dans les zones de production, la demande pour une qualité et une traçabilité accrue sont autant de signaux appelant à repenser les modes de production du café et du cacao. Les analyses menées auprès des industries de l’aval et sur deux partenariats agroforestiers au Pérou et au Nicaragua permettent de concevoir le modèle de l’agroforesterie sous contrat comme une solution pertinente pour repenser la place de l’entreprise dans son écosystème, réduire la vulnérabilité des producteurs et accroître les externalités environnementales positives de l’entreprise. Toutefois, cette approche ne semble aujourd’hui fonctionner que pour les entreprises positionnées sur les marchés de niche, là où la demande pour un produit de qualité organoleptique et éthique est plus importante. Sur les autres segments du marché, les approches agroforestières demeurent encore timides et limitées. Aussi, parmi les quatre types de partenariats identifiés, tous n’ont pas le même potentiel pour répondre aux problématiques d’approvisionnement et de vulnérabilité du producteur. Les modalités de mise en œuvre (niveau de l’offre de services, organisation locale, prise en compte de la dimension sociale du contrat), le contenu du contrat (inclusion de la dimension « arborée » dans le contrat de production) et le modèle agroforestier promu (inclusion des arbres fruitiers) sont des facteurs clés de succès d’un partenariat agroforestier. La reconfiguration des chaînes de valeur du café et du cacao invite à l’adoption d’un nouveau regard holistique sur la relation qu’entretient l’entreprise avec le producteur.


10 décembre 2019 - 14h00-salle M019- Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouges

SHIMOOKA Erina

Sous la direction de Nathalie KOUAMÉ

Une convention oubliée : la convention franco-ryûkyû de 1855
Les relations entre la France et le royaume des Ryûkyû durant les dernières décennies de l’époque d’Edo

RÉSUMÉ

Au XIXe siècle, le royaume des Ryûkyû (actuelle préfecture d’Okinawa au Japon) était à la fois tributaire de la Chine des Qing et sous la domination des shôgun Tokugawa (via le fief de Satsuma). Toutefois, il conservait une large autonomie politique.

Cherchant un point d’appui en Extrême-Orient, et ne pouvant avoir accès aux ports japonais en raison de la politique de « sakoku », la France de la Monarchie de Juillet a fixé son attention sur ce royaume et y a envoyé à partir de 1844 des militaires ainsi que des prêtres des Missions étrangères de Paris. La situation ainsi créée dans le royaume fut aussi inédite que complexe ; d’un côté, les autorités des Ryûkyû surveillaient très étroitement les étrangers présents, qu’elles isolaient de la population locale par tous les moyens ; d’un autre côté, les Français profitaient de l’occasion qui leur était donnée pour observer de l’intérieur cette contrée encore peu connue de l’Europe et pour tenter de l’évangéliser.

Ce premier contact aboutit à la conclusion d’une convention, le 24 novembre 1855, entre la France et le royaume des Ryûkyû. Si cette convention ne fut finalement jamais ratifiée, elle a eu un impact important sur la politique extérieure des Ryûkyû. Elle a également pesé sur les premières relations franco-japonaises.

Mots-clés : relations franco-ryûkyû, royaume des Ryûkyû (Okinawa, Japon), convention franco-ryûkyû, Monarchie de Juillet, Second Empire, Missions Étrangères de Paris (MEP), fin de l’époque d’Edo (Bakumatsu), relations franco-japonaises, XIXe siècle, Sakoku


9 décembre 2019 - 14h00-salle 153 - Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouges

Damanio DE FACCI

Sous la direction de Jean Yves Moisseron


4 décembre 2019 -14h00-salle 870, Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouges

IDRISS Mamaye

Sous la direction de Faranirina Rajaonah (Paris Diderot), Sophie Blanchy (CNRS, LESC)

Femmes et engagement pour la départementalisation de Mayotte (1958-2011) : Dynamiques du genre dans les luttes sociales et politiques dans l’archipel des Comores

RÉSUMÉ

À Mayotte, l’idée selon laquelle les femmes détiendraient une position avantageuse, voire supérieure aux hommes, suggérant une inversion des rapports de genre dans une société musulmane, est un élément saillant dans les médias. L’association des femmes à la lutte pour la départementalisation a conduit à la construction de stéréotypes de genre où départementalisme et indépendantisme étaient respectivement l’affaire des femmes et des hommes. De 1966 à 1976, un mouvement protestataire embrasa l’île. Cette mobilisation, majoritairement féminine, réclamait la séparation de l’île de l’archipel qui formait alors un territoire d’outre-mer français. L’irruption des femmes de l’îlot de Petite-Terre à Mayotte sur le devant de la scène politique occupée par les hommes est à relier à des dynamiques féminines anciennes, mais aussi aux rapports de genre au cœur de l’émergence de cette lutte. À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, des femmes de Sainte-Marie (Madagascar), Grande-Comore, Anjouan et La Réunion, s’installent en Petite-Terre et tirent parti de l’offre éducative ainsi que des opportunités de travail liés à la présence du chef-lieu. La perspective historique sur le genre donne une plus grande visibilité à la montée en puissance des femmes au cours du XXe siècle stimulée par l’existence de nouveaux modèles et d’un cosmopolitisme au féminin dans l’espace circonscrit de Petite-Terre. Au milieu du XXe siècle, la première génération de femmes auxiliaires de l’administration coloniale émerge ; ce processus s’accompagne par la suite de l’accession de femmes à des fonctions électives. Croisant récits de vie et archives, la recherche s’intéresse aux formes de l’engagement féminin, aux transmissions générationnelles et familiales (capital militant, idéel) qui aboutirent à la départementalisation de Mayotte en 2011.

Mots clefs : Femmes, militantisme, Mayotte, Comores, mémoire, départementalisation, océan Indien


3 Juillet 2019 -15h-salle 115- Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouges,

Gautier Lara

Doctorat en sciences économiques et santé publique

Sous la direction d’ Isabelle Guérin, Valéry Ridde, Manuela De Allegri

From ideas to policymaking : the political economy of the diffusion of performance-based financing at the global, continental, and national levels

RÉSUMÉ

Contexte : Depuis le milieu des années 2000, une réforme de financement de la santé, le financement basé sur la performance (FBP), a été expérimentée dans plus de 70% des pays d’Afrique subsaharienne. Les projets de FBP sont promus par des réseaux d’experts transnationaux, financés par des bailleurs de fonds, et appuyés par des experts provenant le plus souvent de pays à haut revenu. Au-delà du pouvoir financier, ces acteurs exercent d’autres formes de pouvoir moins visibles pour stimuler la diffusion de cette politique. Introduisant le concept d’“entrepreneurs de la diffusion” (ED), nous utilisons une approche d’économie politique pour comprendre les interactions sociales en jeu dans le processus de diffusion ainsi que les relations de pouvoir asymétriques inhérentes à ces interactions.

Objet de la recherche : Cette thèse explore les caractéristiques (motivations, ressources, etc.) et stratégies d’influence que les ED mobilisent pour faciliter l’expansion du FBP en Afrique. Pour cela, nous réalisons une étude interprétative aux niveaux global, continental, et national.

Méthodes : L’approche d’analyse est principalement qualitative : nous avons collecté des données d’entretiens approfondis (N=57), d’observations participantes (N=13) et de documents (N=41). Dans l’étude à échelle continentale, ces données qualitatives sont complétées par des analyses de réseaux sociaux et des analyses sémantiques à partir de 1346 messages de forum. Ces données quantitatives complètent la caractérisation de l’un des réseaux transnationaux et son influence sur la diffusion du FBP.

Résultats : Au niveau global, l’influence discursive des ED se manifestait à travers leur capacité à maîtriser les termes du débat et la circulation de savoirs sur le FBP au niveau global. Les ED ont contrôlé la majeure partie de l’agenda d’apprentissage et d’expérimentation sur le FBP, en produisant notamment des contenus politisés et technicisés. Au niveau continental, les activités de la Communauté de Pratique (CoP) du FBP ont permis de valoriser l’échange de pratiques et de mobiliser une masse critique de praticiens du FBP. La CoP aurait favorisé la fabrique d’experts africains participant à l’expansion du FBP sur le continent. Toutefois, l’analyse de réseau a montré que la gouvernance de la CoP était largement dominée par les membres européens, bien que leur domination ait diminué avec le temps. Au niveau national (cas du Mali), la capacité d’un ED européen et d’experts maliens du FBP à susciter un fort engouement auprès de nombreux professionnels de santé, consultants et fonctionnaires maliens, et ce de façon continue, a joué un rôle déterminant dans la diffusion du FBP dans ce pays.

Valeur de la recherche : Cette recherche constitue la première analyse d’économie politique détaillant de multiples processus (discours, constitution en réseaux, et production et dissémination de savoirs) conduits par des acteurs influents afin de faciliter la diffusion d’une innovation politique (le FBP). Mettant en lumière l’exercice du pouvoir d’acteurs de pays à haut revenu dans leur interaction avec des acteurs africains, cette étude ouvre également la voie à d’autres recherches, notamment sur le phénomène de fabrique d’une expertise africaine.

17 juin 2019 -13h30-Salle 870-Bâtiment Olympe de Gouges
Ranèse Tchamba
Doctorat Histoire de l’Afrique

Sous la direction de Odile Goerg (Professeure, Université Paris Diderot) et Arnaud Passalacqua (Maître de conférences)

Une histoire postale du Cameroun de 1945 à la fin des années 1970.Support politique, réseaux de communication et pratiques sociales

RÉSUMÉ

Centrée sur l’étude d’un service public, la Poste, cette recherche propose son histoire, celle d’un véritable support politique et d’un réseau de communication et des pratiques sociales des usagers de celle-ci en terrain camerounais.

Au lendemain de la seconde guerre jusqu’à la fin des années 1970, le réseau postal déjà établi depuis la fin du XIXème siècle s’étend en dessinant une trame linéaire faiblement maillée du sud vers le nord du territoire. Ce réseau participe à l’appropriation du territoire par l’État. En effet, l’implantation des bureaux de poste est un dessein administratif tout comme la création des postes de police. En ouvrant des bureaux de poste dans les chefs-lieux de région, ensuite dans les subdivisions administratives et enfin dans les campagnes, l’État suit une logique répondant à ses besoins.

A la suite des travaux entrepris au cours des années 1950 dans le but d’améliorer la qualité du réseau postal et de son infrastructure, l’État indépendant met en place, dès 1960, des plans quinquennaux de développement. Ceux-ci permettent à ce réseau de se reconfigurer et d’atténuer les fortes disparités régionales observées dans la partie nord du pays et dans l’ex-Cameroun britannique comportant peu d’équipements depuis la depuis la fin de la période coloniale. Mais cela ne résout pas complètement le problème de l’enclavement postal.

Établi pour répondre au besoin de l’État, cet outil de communication va aussi graduellement répondre au besoin d’un public qui se diversifie au fil des années. Jusqu’à la fin des années 1970, ce réseau de communication contribue au contrôle et à la gestion efficace du territoire sans pour autant se limiter au seul usage administratif. Les usages et les pratiques s’accroissent et l’on peut ainsi identifier différents groupes sociaux qui s’approprient de ces nouveaux outils de la modernité ancrés depuis la colonisation.

Support d’action politique également, ce service joue aussi un rôle ambivalent dans les mouvements d’émancipation et la lutte pré-et-post indépendance. Au cours années 1950 jusqu’au début de la deuxième décennie après l’indépendance, le réseau postal est un outil efficace pour l’État qui, s’en sert pour contrôler l’information et contrecarrer la clandestinité de certains leaders politiques opposants du pouvoir en place. Ce réseau sert aussi comme lieu de structuration de l’action militante syndicale et politique, permettant aux postiers de se construire un univers syndical au sein duquel, ils font entendre leur voix et revendiquent leur cause. Il permet également à certains d’entre eux de se démarquer et de s’imposer dans l’arène politique.

Au contact direct et journalier des populations, le service postal devient un observatoire des rapports sociaux tant en période coloniale qu’après l’indépendance. L’administration des PTT au Cameroun est une grande maison constituée d’un personnel diversifié venant de différentes entités sociologiques. Il existe un contraste entre ceux qui assurent un service actif et ceux qui sont sur place dans le bureau de poste. L’absence de femmes camerounaises au sein de ce personnel pendant la période coloniale est à signaler. Il faudra attendre le début des années 1960, pour assister à l’entrée de la gente féminine. Le faible niveau de formation du personnel observé jusqu’après la Seconde Guerre s’améliore dès le début des années 1950 grâce à la création de centres d’instruction professionnelle. La « camerounisation » des cadres, initiée à cette période, se poursuit au lendemain de l’indépendance et, est une préoccupation majeure pour l’État indépendant. L’École nationale supérieure des P&T est alors créée à la fin des années 1960 et devient le nouveau lieu de formation et de qualification du personnel. Au fil des années, ces agent(e)s s’investissent dans un environnement de travail où l’ambiance crée une forme de sociabilité interactive entre usagers et agents. Néanmoins, plusieurs d’entre eux (agents) sont coupables du non-respect de la déontologie professionnelle, entraînant des dysfonctionnements qui, ternissent l’image de ce service public.

En dépit de ces difficultés liées à son fonctionnement, la Poste constitue un maillon essentiel dans l’économie nationale. Considérée comme un instrument de développement du pays, l’Etat trouve nécessaire de la restructurer dans le cadre des nouvelles réformes économiques qui surviennent au cours des années 1980.


5 avril 2019 – 14h00 – Salle M019 ODG
Pauline MONGINOT
Doctorat Histoire de l’Afrique

Sous la direction de Faranirina Rajaonah , Professeure, Université Paris Diderot
Artiste ou mpanakanto ? Construction sociale et stylistique de la figure du peintre dans les villes des Hautes Terres malgaches. L’exemple de Tananarive (1880-1972)

RÉSUMÉ

Cette thèse propose d’analyser les processus de formation de l’identité de l’artiste peintre dans la société malgache, entre les années 1880 (période d’installation des Européens à Antananarivo) et 1972 (fin de la première République de Madagascar). La peinture est une pratique artistique récente à Madagascar : introduite en 1826 par les Européens, son histoire s’inscrit en parallèle de celle de la colonisation. Pourtant, la peinture devient, pour la société merina, un enjeu de définition des identités et des hiérarchies sociales. Ni artistes coloniaux, ni artisans traditionnels, les peintres malgaches doivent pourtant se conformer aux normes imposées par les politiques culturelles coloniales d’une part et par les usages attribués à l’art dans la société merina d’autre part. Ils naviguent entre la figure de l’artiste occidental et le mpanakanto, le faiseur de beau. Il s’agit donc d’analyser les stratégies établies par ces artistes pour tirer profit des ressources européennes et malgaches afin de faire carrière et d’inventer une identité artistique singulière.

L’étude des processus qui conduisent au choix d’une telle carrière révèle les enjeux et besoins auxquels répond la peinture. Ces mêmes processus contribuent à définir les normes et les modèles que la jeune discipline adopte. L’histoire des peintres pose également la question de la place de l’art dans la société malgache, que ce soit sur le plan économique (marché de l’art) ou patrimonial  ; le rôle qu’ils occupent leur permet de s’inscrire dans la société. Il s’agit également d’envisager les notions de groupe et d’individualité au sein d’un véritable «  monde de l’art  » [Becker  ; 1988] caractérisé par des circulations régionales et transnationales intenses. Cette approche réticulaire autorise alors à réinscrire l’histoire de l’art malgache dans une perspective plus globale.

Soutenances de HDR

Mme Catarina Madeira-Santos (EHESS)

Entre l’Empire portugais et l’Afrique centrale : histoires locales, histoires connectées (XVIe -XXe siècles)

Garant : Didier Nativel

9 décembre, 14h-18h.

Salle 870, Bâtiment Olympe de Gouges


Pascale BARTHELEMY

Des femmes d’Afrique au XXe siècle. De l’école coloniale au combat politique

Garante : Odile GOERG

3 décembre à 14 h

salle M019, Bâtiment Olympe de Gouges




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