Soutenance de thèses et de HDR

L’équipe du CESSMA participe activement à l’encadrement de thèses doctorales. Ci-dessous les sujets des thèses prochainement soutenues par les doctorants rattachés au laboratoire. Sont également listées les soutenance d’habilitation à diriger les recherches (HDR) des membres du laboratoire.



Soutenances de thèses

BOLAZZI Floriane

29 avril 2020

Sous la direction d’Isabelle Guerin et Gabriele Ballarino.

Titre de la thèse : Mutations du travail et mobilité sociale en Inde rurale : microscopie socio-économique des grandes transformations structurelles dans un village en Uttar Pradesh

Résumé :


PLEDRAN Oriane

14 Avril 2020 à 14h à l’Université de Paris, Bâtiment Olympe de Gouges

Sous la direction de Phélinas Pascale (CESSMA) et Torquebiau Emmanuel ( CIRAD)

Titre de la thèse : Développement des systèmes agroforestiers dans le cadre d’un contrat agricole. Cas des filières café et cacao au Pérou et Nicaragua

Résumé :

Face aux mutations économiques, sociales et environnementales actuelles, il est primordial de définir un nouveau modèle agricole permettant d’accroître la résilience des populations et leurs capacités d’adaptation aux chocs économiques et environnementaux. L’agroforesterie apparaît comme un modèle agricole pertinent mais les contraintes limitant son développement sont nombreuses. L’objectif de cette recherche est de montrer la pertinence de l’agriculture contractuelle en tant que levier de développement des systèmes agroforestiers. D’une part, l’agriculture contractuelle permettrait de lever les barrières au développement de l’agroforesterie par les producteurs ; d’autre part, l’agroforesterie permettrait de pérenniser les contrats agricoles, de plus en plus présents dans les stratégies des agro-industries. La recherche analysera les effets de l’intégration d’une composante agroforestière dans les contrats agricoles et s’interrogera sur les conséquences de cette intégration sur la relation contractuelle. Il conviendra de montrer dans quelles mesures le développement conjoint d’un contrat agricole et d’un système agroforestier pourrait permettre de créer un modèle de développement viable (de type « gagnant-gagnant »).


GENTILE Lucia

04 mars 2020 à l’Université Bicocca de Milan

Sous la direction de Marie-Caroline SaglioYatzimirsky et Claudia Mattalucci (Université Bicocca , Milan)

Titre de la thèse : Concevoir le corps. Construction du corps reproducteur féminin dans les connaissances et les pratiques des femmes de Bhuj (Inde)

Résumé :

La présente thèse porte sur les connaissances et les pratiques développées autour de la santé reproductive du corps féminin, comme ensemble de relations quotidiennes que les femmes entretiennent avec leur corps tout au long de leur existence. Le texte se développe à partir de l’expérience intime et quotidienne que les femmes de la ville de Bhuj (Gujarat, Inde) ont de leur corps, avec le désir de décrire et d’enquêter la santé reproductive de la femme. Au niveau méthodologique, l’observation participante et l’écoute active se sont accompagnées de l’élaboration de cartographies corporelles, conçues directement par les femmes. À travers ces méthodes de recherche visuelles et verbales, la présente enquête interroge la production, la reproduction, la transformation et la contestation de connaissances et de pratiques sur les corps féminin par les femmes de la ville de Bhuj.


CAMARA Arsène

20 février 2020 à Conakry à 14h

Sous la Direction de Monsieur Robert Ziavoula

Titre de la thèse : Changement social chez les Peuls du Fuuta-Jaloo, de 1920 à nos jours : du pastoralisme au commerce

Résumé :

En matière de genre de vie, le critère le plus classique utilisé pour identifier les Peuls reste le pastoralisme. Or, depuis plusieurs décennies des travaux de recherche tentent de démontrer que ceux du Fuuta-Jaloo connaissent une évolution qui les éloigne de plus en plus de cette activité traditionnelle ; notre thèse s’inscrit dans cette logique. En effet, alors qu’il est resté longtemps la région la plus indifférente voire la plus fermée vis-à-vis des activités commerciales, le Fuuta-Jaloo fournit aujourd’hui les commerçants parmi les plus « dynamiques et aguerris » de la Guinée et de la sous-région ouest-africaine, et cela au détriment des mandings et d’autres groupes sociaux pratiquant le commerce. Avant 1920, et sous le contrôle des enclaves coloniales et sociétés courtières occidentales, la totalité des activités commerciales était assurée par les Libano-syriens et par les dyula , aussi bien à l’intérieur du Fuuta-Jaloo qu’à l’extérieur avec les localités environnantes dans les marchés de contact. En raison du conservatisme peul, le métier de commerçant ne recruta chez les Peuls que tardivement ; ils ne participèrent à l’intensification des échanges que surtout au titre de producteurs-vendeurs, agissant dans la plupart des cas sous la pression des impôts. Aux environs de 1920, des cas de plus en plus nombreux de Peuls pratiquant le commerce semblent avoir été enregistrés . Vers cette période, Cerno Buubakar Balansi de Poorèdaka, fut le premier commerçant peul de son village. Quelques années plus tard, la politique commerciale menée par le régime de Sékou Touré, sous-tendue par la Loi-cadre de 1964, n’a eu de cesse de s’opposer à la constitution d’une bourgeoisie autonome marchande . Cependant, la collusion étroite commerçants–fonctionnaires a permis une accumulation privée de capital dont les fondements reposaient alors sur trois facteurs essentiels. En premier lieu, l’économie de traite persistait, contrôlée par quelques commerçants privilégiés qui en partageaient les bénéfices avec les fonctionnaires des magasins d’Etat. En second lieu, la spéculation monétaire et commerciale battait son plein, reposant sur l’isolement monétaire du pays, sur la non-convertibilité du franc guinéen et sur la pénurie organisée des biens de consommation courante et le trafic avec les pays limitrophes. Enfin, les commerçants et les fonctionnaires revendaient à prix fort au marché noir des marchandises qu’ils avaient obtenues à bas prix auprès des coopératives de commerçants et de consommateurs. C’est au cours de cette période que le commerce peul s’est développé grâce à sa faculté d’adaptation à un contexte défavorable et à sa capacité d’extension géographique dans les pays voisins, à savoir : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra-Leone. Avec le libéralisme économique intervenu sous le régime de Lansana Conté, la Guinée est devenue en 1984 un eldorado pour les hommes d’affaires guinéens installés à l’étranger, comme pour un certain nombre d’opérateurs économiques ouest africains. La libéralisation des échanges commerciaux et les mesures qui l’accompagnent ont attiré vers les secteurs d’importation et de distribution des denrées de première nécessité, bon nombre d’opérateurs économiques. Ce phénomène créa l’illusion de l’ouverture à la concurrence du marché guinéen. Dans cette conjoncture, les commerçants guinéens « de l’intérieur » ont su s’adapter à la nouvelle situation pour tirer profit des possibilités qui s’offraient à eux. Les opérateurs économiques qui contrôlent aujourd’hui l’importation des denrées de première nécessité, comme le riz, se différencient par leur itinéraire entrepreneurial, leur capacité de financement, leur maîtrise du marché international et leur mode d’insertion dans l’économie guinéenne. Il est particulièrement intéressant de chercher à comprendre pourquoi cette région, où l’élevage a occupé autrefois une place privilégiée dans le processus d’accumulation des richesses et de différenciation sociale, ait progressivement délaissé cette activité au profit du commerce jadis réservé aux Mandings . Ce qui est aussi passionnant dans le cas spécifique de la communauté peule du Fuuta-Jaloo, c’est le fait que l’irruption de l’économie monétaire en son sein a provoqué un profond bouleversement au sein des structures socio-professionnelles entraînant une réelle restructuration de la pratique des métiers. Le commerce a imprimé des marques spontanées de désagrégation à tous les divers « paliers en profondeur de la réalité sociale », modifiant et adaptant sur des bases nouvelles les relations inter-individuelles.

RAULT Yves-Marie

7 Février 2020 à 14h, salle M019, Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouges

Sous la direction de Philippe CADENE.

Titre de la thèse : Les petites entreprises pharmaceutiques indiennes, agents d’une globalisation alternative

Résumé :

Comment de petites entreprises pharmaceutiques basées en Inde peuvent-elles trouver une place sur un marché mondial dominé par de grandes firmes multinationales, souvent issues des pays à revenu élevé ? Pour répondre à cette question centrale, cette thèse mobilise les outils théoriques de la géographie du développement, de la sociologie économique, et de l’économie institutionnelle. Elle s’appuie sur plusieurs sources et méthodologies : des entretiens semi-directifs menés à Ahmedabad et à Mumbai auprès de directeurs d’entreprises pharmaceutiques de taille micro, petite, et moyenne (n = 99), des entretiens non-directifs auprès d’acteurs du secteur en Inde (n = 61 ), et des données quantitatives issues de bases de données publiques et privées. L’analyse montre que ces petites entreprises s’inscrivent dans de multiples sous-champs formés par des marchés locaux, segments pharmaceutiques, et réseaux de production hiérarchisés. Bien que les normes politiques, économiques, et juridiques leur y soient souvent défavorables, elles occupent des positions diverses, meilleures sur le segment des médicaments génériques et dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Leurs stratégies, évolutives et flexibles, s’appuient sur des ressources encastrées dans des milieux d’affaires construits autour d’identités territoriales et communautaires, mieux dotés lorsqu’ils sont métropolitains et globalisés. Fortement spécialisées, capitalisant sur un important savoir-faire commercial, les petites entreprises pharmaceutiques indiennes innovent à la marge mais de manière originale. Elles sont motivées par des rationalités entrepreneuriales individuelles et collectives dans lesquelles les désirs de reconnaissance sociale jouent un rôle aussi important que les aspects matériels. En définitive, cette thèse montre les manières alternatives dont ces agents participent à la globalisation de l’économie de la santé et façonnent un capitalisme hybridant des normes spécifiques, souvent ambivalentes.




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