L’Afrique et l’Océan Indien

Le groupe Afrique Océan Indien rassemble 10 chercheurs titulaires, 6 chercheurs associés et 14 doctorants, historiens, géographes ou anthropologues. Le programme des activités du groupe AOI est en ligne sur http://www.cessma.univ-paris-didero...
En 2017-2018, comme par le passé, les activités du groupe Afrique Océan Indien sont structurées autour de plusieurs séminaires de recherches qui coïncident certains semestres avec des séminaires de Master 1 ou 2 de l’Université de Paris Diderot ou de l’Inalco. Le groupe se réunit 2 ou 3 fois par an pour évoquer les activités communes ou transversales à entreprendre et les activités à soutenir financièrement.

• Le premier thème de recherche du groupe AOI est incarné par le séminaire Sociétés de l’Océan Indien qui se tient depuis 30 ans tous les jeudis de 17h à 19h. Il a été fondé par Françoise Raison et repris par Faranirina Rajaonah jusqu’en 2014. A partir de 2015, Didier Nativel, professeur à Paris Diderot, en a pris la direction. Ce séminaire de Master 2 et de recherche est ouvert aux doctorants et aux chercheurs. Celui-ci met l’accent depuis 2016-2017 sur les « Logiques corporelles des sociétés et des pouvoirs dans l’Océan Indien, XVIIIe-XXIe ». Une journée d’étude a été organisée sur ce thème. Les programmes anciens sont archivés sous http://cessma.univ-paris-diderot.fr... et http://cessma.univ-paris-diderot.fr....

• Un troisième séminaire de recherche du groupe AOI structure ses activités autour du thème des « Circulations culturelles, cultures urbaines et identités en Afrique aux XIXe et XXIe siècles ».
A partir de janvier 2018, il sera consacré pour au moins trois ans à un élément déterminant des processus de constructions identitaires en Afrique, l’école. Le séminaire « Politiques scolaires, écoles et publics scolaires en Afrique sub-saharienne (milieu XIXe siècle - années 1970) », à partir d’exemples ancrés dans une période, un contexte, un événement ou un pays particuliers, permettra de comprendre dans quelles mesures les politiques et pratiques scolaires, les lieux de formation, l’investissement individuel ou collectif des multiples acteurs de la vie de l’école et leur vécu sont indissociables de la construction des sociétés en situations coloniales mais aussi des jeunes nations indépendantes. Les approches sont anthropologiques, sociologiques, géographiques et/ou historiques en fonction des intervenant(e)shttp://cessma.univ-paris-diderot.fr.... Ce séminaire est aussi l’occasion de familiariser les étudiants avec la diversité des sources (archives variées, entretiens, objets matériels, livres et cahiers d’écoliers …) et des méthodes d’analyse. L’impact des circulations de modèles et de personnels dans les empires coloniaux mais aussi, depuis les années 1960, dans les organisations internationales prescriptrices sera aussi évalué en regard de processus identitaires trop souvent analysés comme seulement locaux ou nationaux. Avec ce séminaire, le Groupe AOI poursuit aussi une réflexion ancienne dans le cadre de l’axe 2.

En effet, entre 2014 et 2017, le séminaire « Circulations culturelles, cultures urbaines et identités en Afrique au XIXe et XXIe siècles  » http://cessma.univ-paris-diderot.fr... qui s’inscrivait déjà dans l’axe « Production, politiques et pratiques de la ville » du CESSMA en particulier dans le cadre de son 3ème sous-thème « Productions socio-culturelles et identités » a été un lieu de réflexion essentiellement consacré à la ville, aux circulations culturelles et aux constructions identitaires induites. La ville est un objet dont les historiens et géographes du CESSMA, anciennement Laboratoire Tiers-Monde puis SEDET, se sont emparés il y a longtemps. Depuis plusieurs années, les historien-ne-s du groupe AOI se sont penchés plus particulièrement sur les pratiques urbaines afin de mieux cerner cet espace social fluide. Leur travail explore le rôle des acteurs et des politiques culturelles dans les reconfigurations territoriales, interroge la matérialité des cultures et des pratiques, les nouvelles représentations sociales et les vécus sensibles. En effet, la ville est aussi un lieu des multiples expressions de soi, de manifestations de sensibilités sociales et artistiques mais aussi d’émotions à caractère privé et/ou public. L’objectif didactique de ce séminaire était aussi d’initier les étudiants de master ou de doctorat à la multiplicité des objets de recherche et à leurs matérialités.

Chaque année, douze séminaires ont eu lieu au second semestre en 2014-15, 2015-16 et 2016-17. Une journée d’étude a clos ce cycle de 3 années. Ces séminaires ont été prolongés par différentes journées d’études en partenariat avec l’axe 2 sur : « La Ville dans le noir », « Le corps et les logiques corporelles dans l’Océan Indien et en Afrique continentale (XIXe-XXIe) », « Villes et Circulations culturelles en Afrique subsaharienne XXe - XXIe - Acteurs, Modalités, Impacts » et « L’espace public au regard des pratiques sociales dans les villes du Sud ».
Cette réflexion passe aussi par la présentation d’ouvrages ou des conférences historiographiques questionnant les modalités de transcription d’une histoire nationale/locale ou encore s’interrogeant sur la construction/déconstruction de modèles archétypiques (héros, « pères de la nation », représentation de l’autre … ).

Enfin depuis 2014 ...

• Parallèlement à ces séminaires thématiques (corps, cultures urbaines, éducation, objets, perspective de genre), le groupe AOI s’intéresse aux modes de production et d’écriture de l’histoire de l’Afrique au fil des décennies, des années 1960 à nos jours, et plus largement de toute forme de savoir/connaissance. C’est l’objet du quatrième séminaire de recherche du groupe AOI « Parcours scientifiques en sciences sociales : témoignages ». Il se propose depuis 2014 d’inviter chaque année des chercheurs émérites ou en activité à témoigner sur leur parcours, sur les difficultés ou les bonheurs de leurs terrains.

Le groupe AOI a lancé cette réflexion en lien avec l’axe 4 du CESSMA « Construction et usages des savoirs » sur le thème initial « Méthodes et difficultés du métier d’historiens (de l’Afrique) en Afrique ». Les premiers huit séminaires ont permis de partager les expériences de chercheurs confrontés au cours de leurs recherches de terrain à des temps, des lieux et des contextes particuliers qui leur ont posé problème, tout en stimulant leurs travail. L’heureuse exhumation d’archives coloniales cachées au Royaume-Uni constituant un contrepoint aux difficultés du terrain rwandais post-génocide.
Sont intervenus Françoise Raison, Catherine Coquery-Vidrovitch, Omar Carlier, David Anderson, Vincent Hirribaren, Florence Rasmont et Philibert Gakwenzire. En 2016, le séminaire s’est ouvert à d’autres disciplines et à d’autres aspects de l’expérience du chercheur ; il changea de titre pour accueillir non seulement des historiens comme Jean-Louis Triaud, Claude-Hélène Perrot, Faranirina Rajaonah ou Marie Rodet mais aussi Françoise Imbs, géographe, et Jacques Lombard, anthropologue. En 2017, il a été décidé d’élargir le champ géographique des témoignages pour contribuer en même temps à l’esquisse d’une histoire du laboratoire Tiers Monde en invitant Alain Forest, spécialiste du Cambodge. À travers ces restitutions d’expériences d’anthropologues, d’historiens ou de géographes sont évoquées des pratiques diverses d’accumulation de matériaux de terrain, de collecte de sources archivistiques ou iconographiques, d’inventions méthodologiques … Une publication d’une partie de ces témoignages polymorphes doit avoir lieu dans un numéro des Cahiers Afrique aux Presses Universitaires du Midi en 2019.